Musée du capitalisme

Pendant l'été 2019, La Bourse a accueilli un "Musée du Capitalisme". Sur le site des organisateurs, on peut lire : "Le Musée du Capitalisme est  une initiative citoyenne mise sur pied en 2012 par une quinzaine de personnes bénévoles âgées de 24 à 31 ans".  Il s'agit d'une "exposition itinérante et innovante sur notre système économique et culturel au contenu accessible à un large public, à travers une ambiance interactive et agréable à visiter (...) L’exposition est engagée mais non partisane, elle est un outil au service de la citoyenneté active". L'initiative nous a intrigués pour plusieurs raisons. Sa dimension citoyenne, bien sûr, mais aussi notre intérêt pour la programmation du rez-de-chaussée de la Bourse, en discussion, et, plus précisément, le fait que cette "fonction" faisait partie des revendications/propositions de la Platform Pentagone.

       
         
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Le Musée du Capitalisme a été initié par des étudiants de l'Université Catholique de Louvain. Bien que la plupart des fondateurs ne soient plus en charge du projet, il reste coloré de cet engagement étudiant.

Sur le site la plupart des personnes semblent être sur la fin de leur vingtaine, début trentaine, la plupart semblent issus des classes moyennes. En parlant avec certaines personnes, je me rends compte qu'ils sont tous impliqués dans différentes trajectoires en même temps, essayant de négocier leur intégration très réussie dans la fabrique du capitalisme et leur envie d'autre chose. Un tel veut arrêter un métier qualifié très bien payé pour suivre sa passion. Une autre veut se ré-orienter après de longues et prestigieuses études, peut-être partir à l'étranger, une dernière essaye de combiner deux travaux, un plus artistique et un plus "sérieux".

Il semble avoir beaucoup de wallons devenus Bruxellois dans l'équipe. Ils disent regretter les piliers de Belgique (catholiques vs laiques) mais semblent bien intégrés dans les réseaux catholiques.

Le musée du Capitalisme a son siège dans les locaux de la serre, une des annexes de Communa, association qui se spécialise dans le ré-aménagement et l'occupation de locaux abandonnées.

L'expo est organisée autour de quatre pôles (origines, espoirs, limites, alternatives) et des focus (alimentation, banques, loisirs...)

Leurs relations avec les administrateurs de bourse est teintée d'une déception. Ils pensaient avoir un emplacement permanent, ils doivent se contenter d'une exposition temporaire en plein milieu de l'été.

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Le Musée du Capitalisme a été initié par des étudiants de l’Université Catholique de Louvain. Bien que la plupart des fondateurs ne soient plus en charge du projet, il reste coloré de cet engagement étudiant. 
Lorsque je suis allé aider les personnes qui mettent en place le projet, l’ambiance scoutisme m’a vraiment marqué et en effet, après avoir posé la question la plupart des personnes présentes sont d’ancien scouts. Sur le site la plupart des personnes semblent être sur la fin de leur vingtaine, début trentaine. En parlant avec certaines personnes, je me rends compte qu’ils sont tous impliqués dans différentes trajectoires en même temps. Ca semble beaucoup être des enfants de classes moyenne et supérieure ayant des doutes sur leur trajectoires de vie. Une personne ayant terminé ses études de médecine mais partant à Madrid pour faire de l'animation culturelle ou en Slovénie pour un VIE. Un ingénieur commercial travaillant dans un grand centre hospitalier mais sur le point d’arrêter pour se consacrer à son activité de professeur de swing, un expert de l’aide au développement au sein de l’union européenne entre deux emplois et en plein doute. Une personne employé dans une banque solidaire essayant de développer son activité de costumière. On sent une abondance de bon sentiments et un manque de diversité, seul exception, un jeune homme noir qui se nomme mubarak et qui semble mal maitriser le français. Les gens sont au demeurant très sympathique et la socialisation est facile dans ce milieu social que je connais (et qui me connait “ha, mon frère aussi s’appelle Guillaume” http://coulmont.com/blog/2019/07/21/communautes-de-prenoms/  Brieult, célimène, annabelle, ). Beaucoup de wallons devenus bruxellois dans l’équipe.
 
Ils disent regretter les pilliers de belgique (catho/laique) mais semble bien intégrés dans les réseaux cathos.
 
Le musée du capitalisme a son siège dans les locaux de la serre, une des annexes de communa, qui se spécialise dans le réaménagement et l’occupation de locaux abandonnées. Ils ont eux-même crée l’expo autour de 4poles (origines; espoirs; limites; alternatives) et des focus (alimentation, banques, loisirs,….)
Ils ont eu des relations mitigés avec les gens du musée. On leur avait promis un emplacement permanent, ils se retrouvent avec une exposition temporaire en plein milieu de l’été. 

Le Musée du Capitalisme propose de poser des questions et de faire réfléchir sur le capitalisme. À travers des expériences interactives, tout en analogique (pas ou peu d'écran), il montre quatres époques/facettes : origines, espoirs, limites et alternative.

Deux expériences marquantes : vérifier à quel point vous êtes un privilégié (homme, blanc, retraite, travail, logement, héritage, etc...) et pensez à un bonheur que vous avez ressenti et mettez un cube de couleur sur ce qui l'a provoqué (création, achat, relations humaines...) dans une boîte. Ces expériences je pense peuvent avoir un grand impact sur l'audience de l'exposition et marquer une vraie prise de conscience. L' aspect corporel et accessible de ces deux installations est aussi important.

Cette exposition est impressionnante dans le sens où elle repose en grande partie sur du bénévolat et l'implication gratuite de participants. En ce sens, elle est un exemple intéressant de participation politique. La question de l'efficacité de leur démarche est autre et l'esthétique ainsi que la mise en histoire du capitalisme peut rebuter certain. L'économie de moyen et la volonté de pouvoir facilement transporter le dispositif a un effet direct sur sa mise en forme, qui est moins léchée que certaines expositions professionnelles. La multiplicité des acteurs et des volontés donne un côté bric à brac, on peut penser qu'une telle multiplicité évoque autant de sympathie que de retrait. Enfin, si les informations sont présentées d'une manière accessible et ludique, elles restent parfois superficielles.

         
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Nous décidons, avec Guillaume, d'aller (re)voir le Musée du Capitalisme avant qu'il ne ferme ses portes prochainement (vendredi 13 septembre 2019). A l'entrée, nous sommes accueillis par trois jeunes. Une jeune fille (qui lit "Le temps d'une politique", le livre de Mathieu Berger sur les contrats de quartier), nous explique le parcours de l'expo et nous donne un guide papier écrit. Nous apprenons aussi que le prix est libre et que, pour participer au débat du soir sur la démocratie et le capitalisme il faut s'inscrire sur facebook. Apparemment, il faut faire vite, vu que ces débats affichent souvent complet. 
L'expo est un mélange entre des informations de nature factuelle et explicative, des installations et des tests/quizz qui prennent la forme de jeux ou de questionnaires de magazines (sur les modes de vie et les phénomènes induits ou permis par le capitalisme: les congés payés, la diminution du temps de préparation de la nourriture, l'obsolescence programmée). Il y a un mélange d'amateurisme et de professionnalisme. Les grands encarts, par exemple, pourraient se retrouver dans un "vrai" musée: c'est une vulgarisation bien effectuée d'une matière somme toute complexe et dense. En ce qui concerne les installations, ainsi que les tests et les quizz, c'est un peu plus bricolé. J'ai l'impression que les compétences des bénévoles et des organisateurs se situent davantage du côté des sciences politiques que du côté de l'art et du design mais aussi que les moyens n'ont pas été mis là-dedans en priorité, même si plusieurs pièces et espaces de l'expo y sont dédiés. Le côté bricolé donne cependant une dimension sympathique et accessible à l'ensemble. L'expo se finit dans la grande salle, où on trouve des stands d'initiatives citoyennes belges et bruxelloises, qui permettent d'envisager des alternatives au capitalisme.
En sortant, j'interroge l'un des organisateurs à l'entrée. J'apprends entre autres que c'est leur association qui a soufflé à IEB l'idée de faire à la Bourse un Musée du Capitalisme. IEB a repris cette possible affectation comme une alternative au Musée de la Bière, notamment dans le cadre des actions de Platform Pentagone. Entretemps, l'expo a été pensée comme itinérante mais la Bourse a toujours été un rêve pour l'asbl. C'est en ce sens qu'ils ont été voir Philippe Close, qui semblait très emballé par l'idée, d'autant que la programmation du rez-de-chaussée et d'une partie du sous-sol semblait encore ouverte à ce moment-là. Après cette réunion, Philippe Close leur aurait dit qu'il serait possible d'avoir 600 m² dans la Bourse, à côté du Shop du Musée de la Bière, et puis petit à petit la surface disponible serait devenue de plus en plus petite jusqu’à devenir 100 m², proposition qu'ils ont déclinée. Avec les élections, l'Echevine de la Culture les a rappelés pour leur proposer une programmation estivale. Cette édition bruxelloise a très bien marché, ils ont accueilli plusieurs milliers de personnes, pour l'exposition et pour les débats, et ce malgré le fait que c'était pendant l'été.
Je lui demande si ils ont eu des visiteurs très différents, et si ça a par exemple intrigué les occupants des marches. Cette question m'amène à changer d'interlocuteur, et à entamer une petite discussion avec Bilal, l'agent en charge de la sécurité de l'exposition. Certaines personnes en marge seraient en effet entrées, avec des motivations très différentes, dont une qui a voulu voler la cagnotte où les visiteurs mettent leur contribution financière. Il m’explique les difficultés avec les publics marginaux, notamment quand ils sont sous l'influence de drogues, qu'il s'agisse d'alcool, de marihuana, ou de bien d'autres encore. Le problème selon lui, ce sont les mélanges. Je lui demande ce qu'il pense de Joey, qui vit dans un des balcons de Bourse. Bilal me répond que lui, c'est différent, qu'il est très cultivé, qu'il s'est donné comme challenge de lire un livre par jour, et qu'il n'est jamais insistant ou inconvenant. Il m'explique qu'il essaye néanmoins d'être courtois avec eux, de les traiter avec respect. Il a d'ailleurs un autre plan de carrière. Il souhaite passer de la sécurité à la prévention et vient de postuler pour faire partie de la Bruciteam.
 
         
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Le Musé du Capitalisme propose de poser des questions et de faire réfléchir sur le capitalisme. A travers des expériences interactives, tout en analogique (pas ou peu d'écran), il montre 4 époques/facettes : orgines, espoirs, limites et alternative.
Deux expériences marquantes : vérifier à quel point vous êtes un privilégié (homme, blanc, retraite, travail, logement, héritage, etc...) et pensez à un bonheur que vous avez ressenti et mettez un cube de couleur sur ce qui l'a provoqué (création, achat, relations humaines,....) dans une boîte.
L'exposition m'a paru très "bon enfant" et assez consensuelle. Ma réticence et mon éloignement de cette façon de raconter le réel m'a vraiment questionné. Beaucoup de choses me paraissaient déjà vues ou hétéroclites, voire simplistes (ex. sur le prix du lait) et je ne me souviens pas avoir vu de panneau indiquant la croissance de population/ les progrès médicaux effectués sous le capitalisme. De plus, le capitalisme n'était que peu mis en face des autres organisations de sociétés (tribales, chasseurs-ceuilleur, agraires, médiévales, impériales). La partie sur les alternatives tombait un peu comme un soufflet, avec des panneaux sur l'économie collaborative, des actions anti-pub, une promotion des mobilités douces. J'ai du mal à expliquer le fait qu'une telle exposition "m'énerve" dans une certaine mesure. C'est peut être justement le côté DIY, bien pensant, un peu scout qui me rebute.
Par exemple, le passage sur la souffrance au travail illustré par un "zapping" de différents extraits vidéos d'"experts" manquait de références et était dans l'edutainment. Un autre exemple était la description de la division des profits sur la vente d'un litre de lait, un peu simple là aussi. Un troisième était les citations d'hommes célèbres affichés sur des bouteilles en plastiques, et un peu mises hors contexte.

August 2019

Author
Guillaume
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Guillaume

September 2019

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Guillaume
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Rafaella
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Guillaume