Les rues comme espace public

Dans quelle mesure les rues d'une ville constituent-elles un espace public?

       
         
Image
camera
Wileyfox Swift
Latitude
50.844124638889
Longitude
4.3453006388889
Picture date
11-06-2018 14:14:14
    

Ce panneau de publicité rétroéclairé constitué une excellente surface de communication... y compris pour des messages politiques et critiques, qui squattent l'espace d'exposition pour s'adresser aux passants..

A l’aune des travaux de John Dewey, nous pouvons considérer certains objets - une oeuvre d'art publique ou un panneau publicitaire par exemple - comme des “affaires” qui mobilisent un “public” hétéroclite (Laki 2018). La théorie des publics incite à penser la démocratie à partir de l’engagement que des “causes” suscitent en mobilisant des publics à leur propos. Dans le cadre du material turn, ces travaux ont été relus pour accentuer l’aspect concret et matériel des enjeux qui mobilisent : “no issue, no public” rappelle Noortje Marres. En 2005 Bruno Latour et Peter Weibel invitent, avec l’exposition “Making things public: atmospheres of democracy” penseurs et artistes à travailler sur la matière première de la démocratie : les choses publiques, res publica. Penser et créer l’engagement à partir des “matters of concern”, matières et objets qui touchent et tiennent les uns ou les autres. Autrement dit, la sensibilité entre en politique...

A partir de là, on peut considérer certains objets posés ou abandonnés dans la rue - un espace public physique et matériel - comme des formes de participation - ou du moins de "contribution" - à la vie publique (Laki 2018).

Considérer les rues d'une ville comme espace public - ou avoir une conception du politique et du social qui est attentive à la matérialité et à l'action - mène vers une compréhénsion performative de la participation. Prendre part est alors quelque chose qui se passe avec le corps entiers, les cinq sens, ses propres goûts et préférences, les traces et les blessures des expériences passées...

Ces considérations, bien présentes dans la littérature, font écho avec une série de problèmes qui se sont posées à nous sur le terrain et qui nécessitaient une prise de position de notre part sur l'usage de la matière générée par un procéssus participatif et la manière dont les maîtres d'ouvrage doivent ou peuvent intégrer cette matière.

Si on reproche souvent aux procéssus participatifs de ne pas d'avoir d'impact.. que les avis partagés par les habitants n'ont pas de réelles conséquences.. cela s'explique par de multiples facteurs - comme le fait que beaucoup de décisions sont prises à l'avance ou qu'elles ne peuvent pas être prises à cause de contraintes juridiques ou autres - mais cela s'explique aussi, selon-nous, par le faible potentiel performatif et tranformatif des données produites.

Le maître d'ouvrage qui se retrouve à lire une longue liste de données informes a des faibles chances de sortir tranformé par cette expérience. Les possibilités qu'il repercute des changements nous semblent pourtant être intimement liées aux tranformations dont il a lui-même pu prendre acte ou connaissance.

Cela pose un défi important pour les acteurs de la participation. Un défi méthodologique qui prenne en compte non seulement les sensibilités et les vécus des participants, mais aussi les sensibilités et les vécus de ceux qui ont invité à la participation.

Considérer les rues d'une ville comme espace public - ou avoir une conception du politique et du social qui est attentive à la matérialité et à l'action - mène vers une compréhénsion performative de la participation. Prendre part est alors quelque chose qui se passe avec le corps entiers, les cinq sens, ses propres goûts et préférences, les traces et les blessures des expériences passées...

Ces considérations, bien présentes dans la littérature, font écho avec une série de problèmes qui se sont posées à nous sur le terrain et qui nécessitaient une prise de position de notre part sur l'usage de la matière générée par un procéssus participatif et la manière dont les maîtres d'ouvrage doivent ou peuvent intégrer cette matière.

Si on reproche souvent aux procéssus participatifs de ne pas d'avoir d'impact.. que les avis partagés par les habitants n'ont pas de réelles conséquences.. cela s'explique par de multiples facteurs - comme le fait que beaucoup de décisions sont prises à l'avance ou qu'elles ne peuvent pas être prises à cause de contraintes juridiques ou autres - mais cela s'explique aussi, selon-nous, par le faible potentiel performatif et tranformatif des données produites.

Le maître d'ouvrage qui se retrouve à lire une longue liste de données informes a des faibles chances de sortir tranformé par cette expérience. Les possibilités qu'il repercute des changements nous semblent pourtant être intimement liées aux tranformations dont il a lui-même pu prendre acte ou connaissance.

Cela pose un défi important pour les acteurs de la participation. Un défi méthodologique qui prenne en compte non seulement les sensibilités et les vécus des participants, mais aussi les sensibilités et les vécus de ceux qui ont invité à la participation.

November 2019

Author
Giulietta

June 2020

Author
Giulietta
Type

December 2020