Data in place

Quelles données sont disponibles dans l'espace public? Quels media emploie-t-on pour les transmettre, les afficher? De quelle manière le fait-on?

       
         
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30-04-2019 18:20:16
              
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30-04-2019 18:10:37
              
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30-04-2019 18:02:42
              
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30-04-2019 19:09:09
              
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Canon EOS 500D
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30-04-2019 18:14:01
              
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Canon EOS 500D
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30-04-2019 19:21:00
              
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X-T20
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30-11-2018 16:50:39
              
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Canon EOS 550D
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30-11-2018 14:23:35
              
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Canon EOS 550D
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30-11-2018 17:06:55
              
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Canon EOS 550D
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30-11-2018 17:07:45
    

Entre les nombreuses choses que nous avons observées sur le piétonnier, nous avons été frappés par la quantité de messages que des personnes, anonymes ou non, adressent à d’autres, qui peuvent être de diverses natures (publicitaires, promotionnelles, intimes, humoristiques mais aussi  politiques,..), et présentés sur des supports et avec des moyens divers (tags, stickers, bâches, …). Malgré (ou peut-être à cause de) leur abondance, la plupart d’entre eux restent peu visibles et jusqu’à un certain point confidentiels. Le Dévogramme, un robot qui amplifie les messages du piétonnier en leur donnant une voix est né de ce type d’observations. Mais pas seulement. En effet, pour sa conception, nous avons puisé dans des observations très disparates. De la pratique des témoins de Jéhovah qui se placent sur le boulevard Anspach avec un présentoir à roulettes pour diffuser des nouvelles et se rendre disponibles à engager des conversations, nous avons par exemple retiré l'idée de créer un dispositif mobile, colporteur de nouvelles. Un engin du chantier des boulevards du centre-ville, abandonné à lui-même et bougeant tout seul, nous a inspirés à penser à un être plutôt autonome. Les petits doudous-chiens mécaniques lâchés par certains vendeurs de rue, nous confirmaient pour leur part le potentiel percutant et perturbant de ce genre d' « espèces » bougeant dans la ville.  En puisant dans nos observations des animaux  qui accompagnent les artistes de rue ou les sans-abris sur le piétonnier et qui suscitent la sympathie des passants, que ce soit par leur appartenance à l’espèce canine ou, au contraire, parce qu’ils sont anthropomorphisés (affublés de lunettes de soleil, de vêtements, ...), nous avons réfléchi à l’aspect que notre robot pourrait avoir mais aussi à la manière dont il pourrait interagir avec les humains et les réactions qu’il pourrait susciter chez ces derniers. Avant de l'introduire en milieu urbain, nous avons nourri le Dévogramme avec notre base de données photographique du piétonnier, qu'il a analysées par le biais d’un algorithme de reconnaissance de texte dans les images naturelles. Le texte qu’il a ainsi compilé, constitue une sorte de condensé de messages les plus disparates que l’on peut retrouver dans l’espace public, et qui sont tantôt techniques, tantôt informatifs, commerciaux, politiquement engagés, administratifs ou hors-la-loi… Après s’être nourri de tous ces mots, le Dévogramme (littéralement “qui se nourrit d’écriture”) a ensuite été lâché sur le piétonnier du centre-ville, où il déclamait sa compilation de messages glânés dans cet environnement. Il y bougeait de façon autonome, grâce à un algorithme de reconnaissance d'objets - ici des êtres humains -  dont il s’approche ou s’éloigne selon leurs mouvements et leurs proximité relative. Afin de comprendre les variables et identifier les différentes conditions de félicité de cet amplificateur, nous avons procédé à plusieurs itérations de ce robot, en jouant sur 4 variables: le lieu et le moment de son déploiement (devant la Bourse ou sur des zones plus calmes, pendant le marché de Noël, la veille du premier mai, le premier mai…), son apparence, sa qualité sonore (puissance et intelligibilité) et la façon dont il était entouré par les animateurs/chercheurs. Nous avons été surpris de voir que le facteur ayant le plus grand impact sur le type de relation que les passants nouaient avec le dispositif, était la présence de chercheurs autour de celui-ci. Là où, tout seul, le petit être mécatronique semblait susciter la méfiance, car les passants ne le regardaient que du coin de l’oeil et tentaient de l’éviter de tous les moyens, à chaque fois que l’un.e des chercheur.e.s l’accompagnait ouvertement, les passants changeaient d’attitude, osant non seulement regarder Dévogramme mais s’adressant aussi directement à lui, ou encore nous posant des questions et se livrant à toutes sortes de considérations. L'altérité de cet être et la curiosité qu’il a suscitée nous ont ainsi permis de pouvoir aborder avec des inconnus des thèmes comme les messages observés sur le piétonnier, l’utilisation de l’espace public comme espace d’expression - entre autres politique, la surveillance numérique de l'espace public, l'analyse et l'usage des données massives, ainsi que plus généralement les relations entre humains et machines, et la façon dont les "faunes" électroniques et numériques participent aujourd'hui à façonner la société.

 

         
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14-11-2019 12:20:44
    

Depuis le début de la recherche, nous nous intéressons à la représentation des données dans l'espace public. Pour nous, les croix de pharmacie sont un bon exemple, et qui plus-est, mis à jour en temps réel. En effet, celles-ci affichent l'heure et la température du lieu où elles se trouvent et lorsqu'elles sont allumées, on sait que la pharmacie est ouverte.

April 2019

Author
Guillaume

November 2019

Author
Guillaume
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